Ce qui bout dans la marmite de l’industrie agro-alimen­taire n’est pas très réjouissant. Il y a quinze ans, ­l’opinion publique s’est mobilisée contre les OGM. Une victoire très partielle a été obtenue sur ce front, mais les tentatives pour rendre toujours plus artificiel le contenu de nos assiettes se poursuivent.
La Ferme des Verpillères

Voyons un peu. Ici on extrait des protéines du soja ou du petit pois pour fabriquer des aliments hyper-protéinés. Ailleurs, on fabrique de la viande en laboratoire. Ailleurs encore, on sépare le gluten et l’amidon du blé pour ajouter le premier dans les confiseries et fabriquer des ­composants automobiles avec le second. Dans les champs, les itinéraires de cultures sont décidés à l’aide de drones et de satellites et, bientôt, les céréales récoltées par des moissonneuses autonomes.

Que ces techniques soient dangereuses pour notre santé, notre ­environnement et le climat nous semble hautement probable. Mais leur pire défaut, c’est qu’elles sont anti-démocratiques: elles nous empêchent de parti­ciper aux décisions qui concernent notre alimentation. Elles nous empêchent d’être en lien avec celles et ceux qui la produisent.

Peut-on résister à cette tendance depuis le quartier des Vergers? Nous pensons que oui. Et cela passe par la mise en place d’un système agro-alimentaire à l’échelle du quartier: des paysans, des artisans transformateurs, un lieu de distribution et… nous, les habitant.es !