La plupart des produits agricoles ne se consomment qu’après avoir été transformés. Or, l’industrialisation du système agro-alimentaire nous prive du contrôle de cette transformation. Nous ne savons plus ni comment ni où nos aliments sont transformés.

Un des axes forts de la démarche du projet agro-alimentaire du quartier, c’est de reconstruire des filières et d’installer des artisans transformateurs dans le quartier.

Par le biais des fermes Tournerêve, le quartier dispose déjà de deux moulins à céréales et bientôt d’une presse à huile. Mais nous voulons aller plus loin. Nous avons organisé l’installation de trois artisans dans le quartier des Vergers. Ils seront, dès l’hiver 2020, les boulanger, fromager, boucher du quartier.

Comme les artisans sont intégrés dans le projet alimentaire du quartier, il sera possible de discuter avec eux de leurs prix, de leur approvisionnement, etc. Cela offre aussi des avantages concrets: les artisans savent nous conseiller des recettes qui évitent le gaspillage et valorisent des produits inattendus, souvent moins coûteux.

Un projet unique!

Le projet alimentaire démocratique du quartier des Vergers est unique en Suisse et sans doute dans le monde. Si des supermarchés participatifs existent aujourd’hui à New York ou à Paris, aucun ne met la production et la transformation au cœur du projet. C’est l’aspect que nous voulons développer aux Vergers : mangeurs, paysans, artisans, restaurateurs et distributeurs réunis autour d’un même objectif, approvisionner un quartier. Tout le monde discute et coopère, de la fourche à la fourchette.

Pour que les paysans et les artisans puissent dégager une rémunération correcte pour leur travail, il faut planifier la production. C’est aussi une manière d’éviter le gaspillage des ressources qui caractérise le système agro-alimentaire industriel. Pour que tout soit disponible tout le temps, il faut jeter beaucoup et transporter beaucoup.

La Fève doit s’engager auprès des paysans et des artisans sur un volume de marchandises à produire dans l’année. Nous proposons dans cette brochure une première tentative dans ce sens : en plus de prendre une part dans la coopérative (devenir membre du magasin), nous proposons aux membres de s’engager sur un montant de dépenses alimentaires qu’ils effectueront à la Fève. Sur la base du nombre d’engagements reçus d’ici le mois de décembre les artisans et les paysans pourront planifier l’approvisionnement pour l’année 2020. On pourrait trouver que ces contrats représentent une forme de contrainte, qu’on y perd la liberté de choisir son fournisseur. Nous pensons qu’on y gagne une liberté bien plus grande, celle de devenir un véritable acteur de notre alimentation.