Le 23 avril dernier, l’interprofession du lait a demandé l’autorisation d’importer 1000 tonnes de beurre. Si la Suisse manque de beurre, elle ne manque pas de lait pour en produire. Mais les grands transformateurs décident d’affecter le lait à du fromage d’exportation (lait B payé moins cher) plutôt qu’à la production de beurre indigène (lait A mieux payé). Un deuxième contingent de 1800 tonnes a été accordé le 10 août dernier.

Les protestations (pourtant unanimes) d’Uniterre et de l’Union suisse des paysans auront été vaines. L’Office fédéral de l’agriculture a autorisé, en juin, un premier quota d’importation de beurre et un second tout récemment en août.

Ces importations sont absurdes dans la mesure où, comme le souligne Uniterre, une partie du lait produit en Suisse sert à fabriquer du fromage à pâte molle vendu à l’exportation à 3.- le kilo environ. Ce lait pourrait parfaitement être réorienté vers la production de beurre, mais l’Interprofession du lait (un organe complètement soumis aux grands transformateurs) préfère demander des autorisations d’importer.

Le lait de l’Union européenne étant moins cher que le lait produit en suisse, c’est, bien entendu, une manière de mettre les prix aux producteurs.trice.s sous pression.

De façon assez unanime, les producteurs.trice.s de lait prennent l’autorisation de ces deux contingents d’importation comme une insulte à leur profession. On peut écouter ici Anne Chenevard, présidente de la coopérative Lait équitable, sur les ondes de la RTS.

Pour mieux comprendre les enjeux, voir notre fiche pédagogique sur la filière lait.

 

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