Le projet agro-alimentaire des Vergers est désormais soutenu financièrement par la Confédération dans le cadre des Projets de développement régional (PDR). L’épidémie de Covid-19 a donné une grande visibilité à la notion de «souveraineté alimentaire»: faut-il s’en réjouir? Enfin, le référendum contre l’accord de libre-échange avec l’Indonésie est en passe d’aboutir, il est encore possible de le signer.

Notre projet agro-alimentaire de quartier trouve une reconnaissance auprès des pouvoirs publics. La Commune de Meyrin est déjà, comme chacun le sait, très engagée dans le processus et c’est désormais par la Confédération et le canton que notre projet est reconnu.

Il a été effet été sélectionné pour être soutenu dans le cadre du Projet de développement régional 2 (PDR2). Les projets de développement régional sont un outil de planification développé par l’Office fédéral de l’agriculture pour soutenir l’investissement dans des formes innovantes de production ou de mise sur le marché des produits.

En l’occurrence, le PDR 2 soutient des points relais agricoles en milieu urbain, aussi appelés fermes urbaines. Notre projet qui allie un distributeur général de quartier (La Fève), une ferme en milieu urbain (La Ferme des Vergers) et des liens forts avec les paysannes et paysans participatifs correspondait parfaitement avec la volonté de soutenir «la création de points relais de promotion des produits GRTA en milieu urbain et la sensibilisation à une alimentation de proximité», selon la définition du PDR2.

Concrètement, cela permettra à un certain nombre de dépenses d’investissement (agrandissement du magasin, actions de communication, infrastructure de la Ferme des Vergers) d’être partiellement (40 %) prises en charge par un budget spécifique accordé dans le cadre du PDR.

C’est une bonne nouvelle financière, mais surtout une marque de reconnaissance de l’utilité et du caractère novateur de notre projet!

Vergers alimentation

Pour aller plus loin au sujet des fermes urbaines en Suisse, on lira cet article très détaillé dans la revue Vertigo, revue électronique en sciences de l’environnement: Cyril Mumenthaler et Joëlle Salomon Cavin, « Les fermes urbaines en Suisse : hybridations agri-urbaines ou simples redéfinitions des catégories usuelles  ? », VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Hors-série 31 | septembre 2018.

Durant la période de semi-confinement due à l’épidémie de Covid-19, l’idée de souveraineté alimentaire a connu une large diffusion. La démonstration de la fragilité d’une économie entièrement fondée sur des marchés internationaux et des transports de matières premières est apparue fortement aux yuex de chacun.e.

S’il y a dans cette prise de conscience un motif de se réjouir, l’organisation paysanne Uniterre rappelle dans un communiqué du premier juin que la notion de souveraineté alimentaire ne recouvre pas tout et n’importe quoi.

Selon la définition retenue pour la récente initiative populaire sur le sujet, la «souveraineté alimentaire soutient une agriculture qui, dans un espace rural vivant et créateur d’emplois, produit une alimentation saine et de proximité permettant des prix, des conditions de travail et des salaires justes ; elle participe par ailleurs à un commerce international équitable et une exploitation durable des ressources.»

La souveraineté alimentaire s’accomode donc mal de positions qui soutiendraient une agriculture ultr-productiviste au seul motif qu’elle permettrait un approvisionnement national. La souveraineté alimentaire n’exclut pas le multilatéralisme et les échanges internationaux. Elle exclut en revanche le libre-échange à tout crin et le règne du marché, souligne encore Uniterre.