A la base du projet alimentaire du quartier des Vergers, il y a ­l’agriculture paysanne.
C’est un projet de changement social, qu’on peut décrire en six axes:

1. Autonomie

Aujourd’hui, les paysans achètent leurs semences, leurs machines, leurs engrais et leurs produits de traitement à l’industrie. Ils vendent ensuite leurs récoltes à l’industrie agro-alimentaire. Des solutions alternatives existent et tout le monde y gagne: paysans, artisans, salariés, consommateurs.

2. Répartition

Mieux répartir les ressources, les outils de production, les terres agricoles. Les fermes sont de plus en plus grandes, les unités de transformation aussi. Il y a de moins en moins d’emplois agricoles au profit des machines. Pour changer cela, il faut : mieux répartir la valeur de l’alimentation sur l’ensemble de la filière production-distribution ; diminuer la taille des fermes en assurant une rémunération correcte sur des surfaces moindres.

3. Transmissibilité

Les fermes sont des entités difficiles à transmettre hors du cadre familial. Le haut niveau de mécanisation et la valeur des terres rendent très élevé le prix à payer pour reprendre une ferme. Pour éviter l’agrandissement des fermes et pour avoir des paysans nombreux, il faut améliorer la transmissibilité des fermes.

4. Développement local

Les paysans sont les acteurs privilégiés d’un territoire: ils travaillent la terre et façonnent les paysages. Ils doivent être en prise avec les autres acteurs de ces territoires: habitants, autorités politiques locales, vie associative. Ces liens tissés doivent excéder le seul lien commercial (acheter / vendre des produits).

5. Travail avec la nature

Ici, l’agriculture paysanne rejoint largement les objectifs de l’agriculture biologique: préservation des sols contre l’érosion, économie des ressources rares et utilisation des ressources abondantes, limitation des intrants chimiques, diminution de l’empreinte carbone, etc.

6. Qualité des produits

Les produits de l’agriculture paysanne privilégient la qualité sur la quantité. La qualité n’est pas le luxe et les produits répondent à un usage quotidien. Affirmer ces objectifs ne veut pas dire que tous les produits proposés par le distributeur doivent nécessairement remplir rigoureusement ce cahier des charges. Ces objectifs représentent la vision globale à long terme que nous voulons défendre. Surtout, ces objectifs nous poussent à garder le contact avec les paysans qui produisent pour le quartier : nous élaborons avec eux des contrats annuels, nous pouvons visiter leurs fermes et échanger avec eux.